L’imam As-Sâboûnî رَحِمَهُ ٱللَّٰهُ a dit :

«Et l’on rapporte d’après Al-A’mach, d’après Abî Ad-Dohâ, d’après Massroûq, qui a dit :

« Nous sommes entrés chez ‘Abdoullah Ibn Mass’oûd رضي الله عنه qui a dit :

« Ô gens ! Celui qui sait une chose, qu’il la dise et que celui qui ne sait pas, qu’il dise : Allah est plus savant. Car certes, fait partie de la science de dire lorsqu’on ne sait pas : Allah est plus savant.

Allah سبحانه وتعالىٰ a dit à Son Prophète صَلَّىٰ اللّٰهُ عَلَيْهِ وَسَلَّم : (trad. rapprochée du sens)

Dis (ô Prophète) : «Je ne vous demande aucun salaire (en échange de ce que je vous transmets), et je n’ai rien inventé (concernant la Révélation).»  ﴿ (S. 38 – V.86) [1]

Commentaire du cheikh ‘Abd Al-‘Azîz Ar-Râjihi :

Ce hadith a été rapporté par les deux cheikh, Al-Bukhârî et Muslim ainsi que d’autres qu’eux, d’après ‘Abdoullah ibn Mass’oûd, qui sermonna les gens en disant :

« Ô gens, que celui qui sait une chose la déclare et la proclame ouvertement aux gens. Et celui qui ne sait pas, qu’il dise : Allah est plus savant. » Et qu’il ne parle pas à propos d’une chose qu’il ignore.

Sa parole :

« Car certes compte parmi la science le fait que tu dises à propos de ce dont tu ne sais pas : Allah est plus savant.« 

Car la science se divise en deux parties :

  • Une partie dont tu as connaissance et que tu enseignes aux gens.
  • Une partie que tu ignores, et dont tu dis à son sujet : Allah est plus savant.

Il n’est pas permis à l’individu de prendre la responsabilité de parler de ce dont il est ignorant. C’est pour cette raison que Abdoullah ibn Mass’oûd a dit :

«Allah a dit à Son prophète صَلَّىٰ اللّٰهُ عَلَيْهِ وَسَلَّم : (trad. rapprochée du sens)

Dis (ô Prophète) : «Je ne vous demande aucun salaire (en échange de ce que je vous transmets), et je n’ai rien inventé (concernant la Révélation).»  ﴿ (S. 38 – V.86) 

Ne sois donc pas de ceux qui se chargent d’une responsabilité (qu’ils ne peuvent assumer) ô serviteur d’Allah. Ce dont tu as connaissance, dis le, et ce à propos de quoi tu es ignorant, dis : «Je ne sais pas.» Ce n’est absolument pas honteux !

Les prédécesseurs رَحِمَهُم ٱللَّٰهُ ont donné un exemple on ne peut plus parlant à ce sujet.

Voilà l’imam Mâlik ibn Anas, l’imam de Dâr Al-Hijrah, celui pour qui les gens venaient de  toutes contrées pour le rencontrer !

Un homme, venant de loin, ayant parcouru une longue distance et marché des mois, est venu à lui dans le but de l’interroger. Il l’interrogea à propos de quarante sujets. Il répondit à propos de trente-six d’entre eux : « Je ne sais pas. » et il ne lui répondit qu’au sujet de quatre. L’homme lui dit alors :

« Que vais-je dire aux gens ? » Il lui répondit :

« Dis : «Malik a dit : je ne sais pas.» »

@Sabilalhaqq

Source : الهادي الحثيث في شرح عقيدة السلف وأصحاب الحديث ص. ١٦٢/١٦٣


[1] Al-Boukhârî 4809 – Muslim 2798

[Note : Le terme en arabe dans ce verset est : « Moutakalifîne» qui est au pluriel et qui désigne, au singulier, celui qui est chargé d’une responsabilité. 
Donc Allah dit au Prophète, de dire à ces polythéistes, qu’il ne fait que transmettre la révélation et qu’il n’invente rien et n’y ajoute quoique ce soit ; car il ne pourrait assumer cette responsabilité.
En effet, celui qui dit une chose de son propre chef, il sera responsable de son propos ! À fortiori, si le Prophète ﷺ avait inventé quoique ce soit concernant la Révélation qui lui a été transmise, il aurait dû assumer la responsabilité de cela, et par conséquent, la colère du Seigneur. 
Allah dit : 
« (Le Prophète dit) Il ne m’appartient pas de le changer (le Coran) de mon propre chef. Je ne fais que me conformer à ce qui m’est révélé. Je crains, si je désobéis à mon Seigneur, le châtiment d’un jour terrible. » S.10 – V.15
Allah dit également :
« Si celui-ci Nous avait faussement prêté certains propos, Nous l’aurions puissamment saisi puis lui aurions tranché l’aorte, sans que nul parmi vous ne puisse s’y opposer. » S.69 – V. 44/47]